🏔️ CCC 2026 : l’incroyable aventure de Luis et Nathalie autour du Mont-Blanc
Sous la pluie, dans le brouillard, sur des sentiers rendus glissants par les intempéries, Luis et Nathalie ont relevé avec courage le défi de la CCC 2026. 💪🌧️
Au terme de 110 km et 6 400 m de dénivelé positif autour du Mont-Blanc, ils ont franchi ensemble la ligne d’arrivée à Chamonix après une aventure intense faite de résilience, de solidarité et d’émotions. 🏃♀️🏃♂️⛰️
La CCC, de Courmayeur à Chamonix en passant par Champex, est une aventure hors norme au cœur du massif du Mont-Blanc. Cette année, Luis et Nathalie ont affronté un parcours modifié de 110 km et 6 400 m de dénivelé positif, dans des conditions particulièrement exigeantes. ⛰️🌧️
Pluie, brouillard, froid, terrain glissant, chute, nausées, nuit en montagne… Rien ne leur aura été épargné. Mais grâce à leur solidarité, leur expérience et une détermination impressionnante, ils sont allés au bout de cette magnifique aventure, jusqu’à l’arche d’arrivée de Chamonix. 💪✨
Luis et Nathalie nous livrent leur récit, que nous avons choisi de partager tel qu’ils nous l’ont transmis. Bonne lecture ! 👇
📝 Le retour de Luis et Nathalie
VOYAGE, VOYAGE …
La CCC, c’est Courmayeur – Champex – Chamonix. Pour Nathalie et moi, c’est la dernière étape d’un voyage « by UTMB » initié il y a trois ans ; un périple qui nous a conduits en particulier à Verbier en 2023, Nice en 2024, Wildstrubel en 2025 (Crans-Montana qui connaîtra la tragédie trois mois plus tard).
Le parcours bouleversé
Après la canicule, la météo du milieu de semaine a fait des siennes : les grosses pluies de mercredi ont contraint l’organisation à changer une partie du secteur entre Champex et Trient. Nous apprendrons aussi le jour de la course que la montée à la Tête aux Vents puis à La Flégère a été supprimée. In fine, le parcours est rallongé de 7 km et 400 m de d+ : la CCC 2026, c’est donc 110 km et 6400 m de d+. La barrière horaire a été adaptée en conséquence : 1h30 en plus.
Un jour de pluie et de brouillard
Pour nous, le départ de Courmayeur (Italie) est à 09h30 vendredi 28 août. Des averses orageuses sont au programme. Partis au petit matin de Chamonix avec la navette qui nous débarque à Courmayeur, on s’installe à l’abri sur une terrasse de café, on zappe le départ des élites et on arrive dans notre sas au dernier moment pour être au sec au départ. Toujours cela de gagné, on sera bien rincés quelques kms plus tard !!!
Nous savions qu’on allait garder longtemps la veste membrane imperméable sur nous (en fait jusqu’à la base de vie de Champex-Lac). Du coup, on a choisi celle avec soufflet qui permet de mettre le sac en dessous pour gagner en respirabilité. A chaque moment calme, on a pris soin d’ouvrir la veste pour aérer le plus possible.
**Ça grimpe et ça glisse… **
La montée à la Tête de la Tronche (alt 2584 m) est la première difficulté de la course : après un premier secteur sur une piste large, le premier single arrive avec le traditionnel embouteillage (15 minutes d’arrêt). Ensuite la pente devient plus raide avec quelques faux plats descendants. En fait, on avance plus lentement que prévu, j’accélère dans les 200 derniers mètres de la montée et je « fais » la descente sur Arnouvaz pour prendre de l’avance. Quand Nathalie arrive, je l’aide à remplir ses flasques : c’est un ravito express. On repart direction le refuge Bartone : c’est LE secteur qui nous fait le plus envie. Malheureusement on ne verra que très partiellement le massif du Mont Blanc et les Grandes Jorasses (spoiler : et si on allait sur le TOR pour profiter de la vue ?) : il y a des nuages et de temps en temps une pluie fine.
Le terrain est glissant à certains endroits ; les rochers, couverts d’une pellicule de boue, sont devenus des vraies patinoires. Dans un de ces endroits délicats, Nathalie en profite pour faire un roulé-boulé (un « tonneau » selon l’experte) : je vois la scène de loin. J’ai l’impression qu’elle a basculé dans le ravin, c’est horrible. A peine le temps de crier, elle s’est déjà relevée. Quand elle arrive à moi, le check est à la fois effrayant et rassurant : le cuir chevelu est ouvert mais cela ne saigne plus, il y a des hématomes aux quadriceps, aux épaules, les coudes sont égratignés, le petit doigt de la main droite a mauvaise mine (celui qui a été fracturé au Wildstrubel…), la veste est déchirée et les lunettes rayées. Rien de cassé, on repart : résilience.
**Passer la frontière par le Grand col Ferret **
Au refuge Bonatti, le point d’eau (non prévu) est le bienvenu ; boire de l’eau fraiche est réconfortant, cela permet de faire un reset dans la bouche. De refuge en refuge (comme au TOR ?!) ; on arrive sans difficulté au ravitaillement du refuge Bartone qui est vite expédié. Au programme maintenant la (très) longue montée du Grand Col Ferret (alt 2537 m) qui marque la frontière entre l’Italie et la Suisse. Le ciel se dégage et il fait presque chaud (avec la veste) dans la toute première partie de cette ascension en pente douce, le long de la Drance : c’est bucolique à souhait.
Mais cela ne dure pas, le chemin se fait ensuite plus étroit et la pente devient plus raide. Il y a une section où les bâtons sont interdits, j’ai l’impression que Nathalie et moi sommes les seuls à respecter la consigne ! L’ascension se termine dans le brouillard, le vent, le froid. Au sommet, les fameux bâtons sont vite rangés pour entamer la descente peu technique vers La Fouly et son ravitaillement : nous avançons d’un bon rythme sans trop taper dans les quadriceps. Assez vite, il se met à pleuvoir et de plus en plus fort en arrivant au ravito. Là, on prend quelques minutes pour laisser passer l’averse et les bols de bouillon chaud qu’on avale sont réconfortants. A la sortie, bingo, on est tout de suite saisis par le froid, on claque des dents, pas le choix, on se remet tout de suite à courir pour se réchauffer : il faudra bien une quinzaine de minutes pour se retrouver à l’aise ; heureusement la pluie a presque cessé et il n’y a pas de vent.
La première partie du secteur entre La Fouly et Champex est très roulante ; on traverse de charmants villages du Valais ; on avance bien sans s’emballer : des kms gratuits. Puis on aborde la grosse montée des Raccards pour rejoindre Champex ; il faut se résoudre à ressortir les bâtons et à allumer la frontale.
La base vie, tenue de soirée
En ce début de soirée, la base vie de Champex-Lac grouille de monde (coureurs et assistance). Trempés jusqu’aux os, nous cherchons pendant quelques minutes un bout de banc et un coin de table disponible. On récupère nos sacs de délestage. Il est prévu que Nathalie se change intégralement avant de passer la nuit. Là, ça se complique pour les féminines car pour espérer se changer avec un peu d’intimité : une seule tente douche Queshua minuscule, 20 minutes d’attente sont nécessaires. Au retour de Nathalie, on réfléchit encore sur le haut à porter compte tenu des prévisions météo pour la nuit (arrêt de la pluie, frais à très frais, rafales de vent en altitude). Je choisis un t-shirt à manche longue et Nathalie opte pour la polaire du matériel obligatoire à même la peau : ces choix s’avèreront judicieux. On rajoute dans nos sacs de trail un t-shirt à manches courtes, au cas où, pour les toutes dernières heures de course. Nathalie finalise son sac ; je divague, cet endroit qui grouille me fait penser à Sainte Catherine (SaintéLyon). Sur ce, Nathalie est soudainement prise de nausées : ça part en vomito direct. Grrr, bis repetita des ultras de cette année. On attend que la crise passe puis Nathalie prend un bol de bouillon, on temporise encore un peu… On sera restés une heure à Champex-Lac : évidemment bien plus que prévu mais nous sommes à l’aise avec la barrière horaire. Nous sortons. La pluie a définitivement cessé, c’est la pleine lune, les conditions sont au top, la nuit va être magique : résilience.
Nuit magique, mais faut aller au mastic
Le long du lac, on marche une quinzaine de minutes pour éviter ballotements et vomissements avant de repasser en mode course : ce protocole (bouillon & attente au ravito puis marcher 15 minutes après) sera reproduit aux ravitos suivants. D’ici la fin de course, en complément des bouillons, Nathalie ingérera, quasi de force, 2 à 3 barres gélifiées à la réglisse (ces fameuses barres sont le résultat de nos multiples essais des derniers mois sur « ce qui passe et ce qui reste » dans le corps).
Après Plan de l’Au, la section pour rejoindre Martigny puis Trient est inédite sur la CCC ; je suis un peu perdu, désorienté. Il y a notamment une portion (le Lombard) autour d’une falaise avec échelons en fer, cordes ; il faut mettre les mains à certains endroits, c’est pénible. On arrive enfin à Martigny : je commençais même à douter de l’existence de ce ravito…
Vu la technicité de la portion précédente, les bénévoles se projettent déjà sur comment récupérer les coureurs qui vont arriver hors délais : ambiance !
Maintenant, il faut se rendre à l’évidence, il va falloir enchaîner, en gros 1600 m de d+… On va bien (ce n’est pas le Queyras). Nathalie suit le protocole : tout est OK.
Ça commence par le célèbre col de La Forclaz (1000 m de d+). Les deux premiers kms se font sur la route au milieu des vignes ; ça donne l’impression qu’on va tout monter par la route, je suis tellement déboussolé que j’y crois presque. Erreur de Padawan, on prend un chemin « dré dans l'pentu » : c’est raide à très raide. On croise à plusieurs reprises la route qui, elle, fait gentiment des lacets. Il y a des coureurs partout : plantés immobiles dans la pente, couchés sur le côté… En arrivant au sommet, je me rends compte que je ne me suis pas retourné un seul instant tellement j’étais concentré sur mon effort. Donc je me retourne, une première frontale arrive et c’est Nathalie ! Je suis, vraiment, une nouvelle fois bluffé. La descente vers Trient se fait vite et sans problème.
Maintenant, il s’agit de négocier la montée à Tseppes, c’est un morceau redouté de l’UTMB et de la CCC (660 m de d+ avec des portions à 25%) : finalement la montée du col de la Forclaz aura été une superbe mise en jambe. Après une portion plate (on marche d’après le protocole), ça se transforme en single et ça devient vite (très) raide. En mode cul à cul, personne ne pipe mot, personne ne pense à dépasser le coureur qui est juste devant … On arrive enfin au chalet (des Tseppes), puis au col de Balme. Au sommet, il fait un peu froid, il y a du vent, le soleil est en train de se lever (waouh !) et c’est la descente en France vers Vallorcine : une descente joueuse sur laquelle on ne prend aucun risque.
Dernier ravito et chaîne du Mont Blanc à l’horizon
Vallorcine c’est le dernier ravitaillement de la course, Nathalie suit le protocole, je suis le mien et prend un gel à la caféine. La dernière grosse difficulté de la course est derrière nous : il reste 17 km et 700 m de d+ ; même avec la Nathalie sous-alimentée, cette CCC c’est dans la poche : maintenant, il faut juste être patients et concentrés jusqu’à Chamonix….
Les fraicheurs matinales laissent place à une chaleur agréable, voire réconfortante ; la première partie du secteur qui nous amène vers Argentière est sans difficulté et propose des vues magnifiques sur le Mont Blanc, l’Aiguille du Midi, les Drus. Au niveau d’Argentière, ça remonte pour ensuite entamer une descente bien, bien sale avec racines et gros blocs de rochers : c’est long et on progresse lentement comme les autres coureurs. La suite c’est : arriver sur l’Arve (oui !) mais rive droite et remonter (mais non !) pour faire les petits balcons au-dessus de Cham. On connait et c’est interminable.
L’arrivée rêvée, exaltation
On amorce enfin la descente : on croise de plus en plus de personnes qui montent à la Flégère pour voir les élites de l’UTMB et nous encouragent. Le chemin finit par s’agrandir et se transformer en piste ; la passerelle métallique est en vue !!! Quelques dizaines de mètres plus tard, nous arrivons sur la rive gauche de l’Arve dans Cham, il y a déjà beaucoup de monde posté sur le parcours pour attendre l’arrivée des élites : nous en profitons. Des encouragements, du bruit, de la foule. Nathalie n’en finit plus d’accélérer entre les barrières et l’Arve : j’ai envie de pleurer mais c’est incompatible avec l’effort.
Ensuite, on prend l’avenue du Mont-Blanc pour traverser le pont sur la droite en faux plat légèrement montant et se mettre sur le trottoir de gauche, débouler dans la rue Joseph Vallot et tourner à gauche en prenant le trottoir de droite. Il y a de plus en plus de monde, de plus en plus de bruit. Très vite, trop vite, le dernier virage à droite, la place du Triangle de l’Amitié et l’arche d’arrivée au bout : encore plus de monde, encore plus de bruit. On franchit la ligne, on a le smile, on s’embrasse. C’est déjà fini.
💙 Une aventure qui force l’admiration
Quelle aventure ! De Courmayeur à Chamonix, Luis et Nathalie ont fait preuve d’une force mentale, d’une solidarité et d’une résilience remarquables. Malgré les difficultés, ils ont continué à avancer ensemble jusqu’à cette arrivée tant attendue au cœur de Chamonix. 🏁
Un immense bravo à tous les deux pour cette magnifique CCC et merci d’avoir partagé avec nous ce récit aussi sincère que captivant ! 👏💙🤍
Le VAC Athlé est fier de vous ! 🏃♀️🏃♂️⛰️
